Un bailleur ne lit pas un business plan comme son auteur : il recoupe. Nous avons lu ce dossier comme lui, avant lui.

Cédric Léonard
Le défi Biocycle Madagascar s'apprêtait à déposer son dossier de financement auprès de bailleurs et d'investisseurs. Une candidature de ce genre ne tient jamais dans un seul document : elle en réunit cinq, business plan, prévisionnel, étude de marché, résumé exécutif et business model. Ils sont écrits à des moments différents, et doivent pourtant dire la même chose, au même chiffre près. La question posée était simple. Ce dossier tiendra-t-il à la lecture d'un évaluateur ? Il fallait y répondre avant le dépôt, et non après un refus.

Trois niveaux de contrôle
La conformité vient en premier. Chacune des sections exigées par la trame de l'incubateur est vérifiée, dans l'ordre imposé. La cohérence suit, et elle occupe l'essentiel du travail. Chaque chiffre est recoupé entre les cinq documents du dossier, puis à l'intérieur de chacun. Chaque tableau financier est recalculé ligne par ligne, parce qu'un total qui tombe juste ne prouve pas que les lignes au-dessus le soient. La vérification externe vient en dernier. Les données de marché, le taux de change, la démographie et le droit social malgaches sont confrontés à des sources primaires, à savoir l'institut national de la statistique, la Banque mondiale et les Nations unies.
Chaque constat est ensuite classé critique, majeur ou mineur, selon ce qu'il coûterait devant un bailleur. C'est ce classement qui dit par où commencer.



Ce que le rapport contient
Le rapport compte quarante-quatre pages réparties en douze chapitres, et il s'ouvre sur ce qui est solide et mérite d'être conservé. Un audit qui ne dit que ce qui ne va pas ne sert à rien, car la cliente doit aussi savoir sur quoi s'appuyer. Viennent ensuite les contradictions entre documents, la cohérence financière interne, les données de marché, le modèle économique, ce qui manque aux yeux d'un bailleur ou d'un investisseur, et les risques. Le rapport se termine sur ce qui sert à agir. Il propose un plan de reconstruction en quatre chantiers, dans l'ordre où il faut les traiter, la liste des informations à réunir, et une synthèse pour décider.
Les chiffres du dossier restent chez la cliente. Cette page montre la méthode et la forme du rapport, jamais son contenu, et c'est la moindre des choses quand on nous confie un business plan.




